Monsieur ATS m'ayant donné jeudi dernier les coordonnées de la responsable RH, j'ai tenté de la joindre... en vain.

Vendredi matin, 9h, j'appelle ATS, j'étais à deux doigts avoir la personne en question, et j'ai prononcé le mot magique : candidature. Du coup je me suis fait méchamment filtrer la gueule, « Ah ben non en fait elle s'apprête à rentrer en réunion et ça va durer trèèèès, très longtemps ! ». J'ai réessayé plusieurs fois dans la journée, elle était soi-disant toujours en réunion, mais je suis parvenu à connaître son adresse e-mail, et me suis empressé de lui envoyer un mail, à ce jour sans réponse.

Le même vendredi, j'appelle le Directeur d'Agence de SoTran, il me demande où j'en suis, je lui dis qu'ATS traîne, il propose que nous nous rencontrions une seconde fois, le Lundi suivant à 8h du matin (j'adore).

Lundi matin, 8h pile (je m'étais pris une sale réflexion pour mes quelques minutes de retard la première fois), je suis là. Et lui pas. Les minutes passent, et il finit par se pointer la gueule enfarinée et les cheveux dégoulinants de gel, à 8h30. « Je vais pas vous raconter d'âneries : je vous avais oublié. », super.

Monsieur s'installe, monsieur se fait servir un café, monsieur traîne, et finalement il m'annonce qu'il va me faire une dernière proposition, fixe, non négociable, à prendre ou à laisser.

19k€. MOUAHAHAHAHAH.

« Hmm... Ca a l'air d'un marché honnête... Mais, j'ai mieux à vous proposer : si ça vous branche, vous vous mettez ça où je pense, et vous m'envoyez mon avocat. » (spéciale dédicace à Slaash).

Bref, je lui dis que je vais réfléchir, je me garde bien de lui énumérer les innombrables choses qu'il peut faire avec son anus, et il m'informe que son alléchante proposition échoira deux jours après, Mercredi à 19h. Bien, bien. Je le rappellerai donc avant (et je suis à peu près sûr que ce sera pour refuser, mais je n'en sais encore trop rien). Je passe la journée à en parler à plein de monde, un ancien collègue, un ancien client, mon pôpa, un revendeur tunisien de sérigraphieuses, ma pas-chairie, Dieu, new york?, bref je stresse et je ne sais pas quoi en penser. J'appelle même l'animatrice de l'OEG (Objectif Emploi en Groupe, une vaste blague que m'avait collée l'ANPE et qui venait de se terminer) pour lui demander conseil, c'est vous dire.

Résumé de toutes ces discussions : « Oui, il veut pratiquer sur toi des choses interdites dans certains Etats des USA. Oui, son seul argument c'est que ça fera bien sur ton CV. Certes, c'est pas cher payé. Mais bon... Allez, tu peux dire oui. Mais c'est pas beaucoup. Et les gens qui font ce qu'on te propose de faire, après ils sont inrecasables. Mais dis oui, de toute façon tu continues à chercher et dans trois mois t'y es plus. »... Merci, ça m'aide beaucoup.

Mardi, je continue de stresser. Mais je reçois un coup de fil d'ATS ! :)

Je commence par y mettre un vent, on me laisse un message : c'est pour convenir d'un RDV avec un manager.

Finalement je rappelle, et nous convenons que je serai là le lendemain Mercredi à 17h. Nickel ! Une petite journée à 150€ non pris en charge par l'ANPE, moi j'aime bien. Mais bon, on n'a rien sans rien.

Mercredi, je me réveille même pas à la bourre, j'ai le temps de me préparer tranquillement avant d'aller à l'aréoport (« Et vous êtes ? »), j'atterris vers 14h, je me fais taxer une clope, du feu, une nana cherche un bus genre moi je sais où il est son bus de merde à Orly ; puis Orlyval, RER, Métro, Métro encore, marchage, postage de mon gnivigni pour CinéSnap (Paris»Paris, c'est plus rapide que Bordeaux»Paris), mangeage à la Brioche Dorée, restage longtemps, tentative de déstressage au téléphone avec Miss Halbdeutschland mais du coup c'est elle qui stresse, et puis l'heure du RDV finit tant bien que mal par arriver alors je vais chez ATS.

Je suis reçu par un monsieur fort sympathique qui se trouve être le parfait opposé du Directeur d'Agence Aquitaine de Sogeti Transiciel. Certes, il a une cravate (moi j'ai mis celle avec des pingouins, pareil pour les chaussettes), mais c'est à peu près tout. Ce monsieur est motivé, motivant, passionné, il est là depuis 15 ans, il a un DUT en Info qu'il a eu à Orsay (lui) (spéciale dédicace à dJepleindechiffres), l'entretien dure une heure et demie et il parle beaucoup, beaucoup plus que moi : il m'explique tout, en long, en large, en travers, les avantages, les missions, les projets, les objectifs, les plans de carrière, au passage je lui demande qui était la première personne que j'avais rencontrée : un sous-traitant, travaillant pour un cabinet de recrutement mais qui m'avait habilement laissé sous-entendre qu'il bossait chez ATS.

J'ai pris 3 pages de notes. Au passage j'en ai profité pour lui parler de ma problématique SoTran, et il m'a confirmé l'idée que j'en avais déjà : « Ce sont des marchands de viande ». Sans animosité, juste réaliste.

Je suis arrivé à placer tous les petits détails qui tuent (« J'ai 5 Gentoo dans ma cave », « J'étais üb@-rOxX0rZ dans toutes les matières info à l'IUT », « Csvop sue du cul », « Je suis en train de terminer un DEST au CNAM », etc.). Nous nous quittons cordialement vers 18h40, lui m'informe qu'il va faire son petit rapport sur moi et qu'ensuite si tout va bien (mais ça a plutôt l'air, sinon je ne pense pas qu'il serait resté 1h30 à me raconter tout ce qu'il aime dans sa boîte) je devrais recevoir une proposition de la RH sous peu.

Métro, Métro again, RER, Orlyval, et deux heures à tuer avant mon avion. Je pourrais en prendre un plus tôt, manque de bol ils sont tous complets. Je vais donc me prendre une Pelforth brune dans un bar tout de moquette vêtu (le bar, pas moi), en fumant un peu trop (ce qui est mal) et en commençant mes comptes-rendus par téléphone. Notamment auprès de Mister SoTran Bordeaux, pour lui dire non merci. NON MAIS OH §§

Voilà voilà. En fait tout le monde s'en branle, mais moi je pourrai le faire lire à mes gosses « Vous voyez, Papa n'a pas toujours été un gros connard pété de thunes qui propose des salaires de merde aux petits jeunes ». >8-)

La suite bientôt !