C'est dur de se décider sur une entrée en matière. Par quoi commencer ? Comment agencer les événements de ces dernières semaines ? De quelle façon garder éveillé l'intérêt du lecteur ? Dois-je considérer que s'il me lit, c'est parce qu'il a déjà, a priori (dans le sens "avant de lire", pas "selon toute vraisemblance"), envie de savoir ce que je deviens ? Ou dois-je au contraire considérer que son attention ne m'est pas acquise et qu'il se pourrait très bien, si je n'y prends pas garde, qu'il cesse de me lire avant la fin de mon billet ?

Considérons donc que les gens qui viennent lire ces lignes le font parce que je représente déjà au moins un petit quelque chose pour eux, et qu'en remerciement de cela, je me dois de leur conter de façon agréable toutes les petites choses que j'emmagasine depuis un moment avec l'intention de les partager ici. :)

Je connais (cinq mois et demi), éprouve des sentiments envers (un peu moins) et suis officiellement avec (deux mois et demi) une jeune femme d'une vingtaine d'années qui a chamboulé ma vie de façon suffisamment conséquente pour que je m'y attarde sur ce blog. Quoique, "officiellement" peut être perçu de différentes façons suivant l'éducation, les valeurs, la génération, ou que sais-je encore. Pour lever l'ambiguïté je préciserai donc que ceci correspond à ce fameux moment dans une relation adulte (ceci excluant les orgasmes éthyliques dans des toilettes de boîte de nuit) où deux personnes prennent un moment pour dire, l'une, apeurée, "bon ben en fait on pourrait peut-être essayer de tenter de commencer quelque chose ensemble, enfin si tu veux, parce que moi je veux, enfin je voudrais, enfin j'aimerais bien, enfin je crois, oh zut l'aspirateur j'ai oublié de l'éteindre, et accessoirement je viens de me faire pipi dessus" ; l'autre, tout aussi apeurée, "euh ben euh d'accord parce que bizarrement j'ai eu la même idée en fait, mais hahaha que t'es bête pourquoi t'as attendu jusqu'ici, ah tiens moi aussi j'ai des problèmes, on va acheter des couches ?". Ce qui généralement se produit en fin de soirée après un bon restau, ce qui n'aide pas particulièrement à trouver un débitant de couches-culottes encore ouvert à cette heure si avancée. Un RER non plus. Par contre, un taxi dont le rapport qualité/prix avoisine celui d'une carcasse de voiture où le King aurait (peut-être) posé ses fesses un jour, oui, ça se trouve facilement.

Bref, cette soirée de la fatidique déclaration n'est pas censée être le sujet de ce soir (je dis "soir" parce que j'écris ça le soir, mais il est fort probable que le consommateur final de cette prose la lira à un autre moment de la journée).

Le sujet de ce soir / ce matin / cet(te ?) après-midi (note pour plus tard : vérifier dans le dictionnaire si ce satané mot est masculin ou féminin, et s'en souvenir, cette fois) / nuit (c'est un honneur que de savoir que des yeux parcourent ces mots au lieu de laisser leur propriétaire aller se coucher), le sujet donc disais-je, est plutôt censé être centré sur des choses un peu plus récentes (pas nécessairement dans un ordre chronologique).

Il y a ces deux week-ends durant lesquels elle est venue me rendre visite sur Bordeaux, et où nos rapports se sont étendus à de nouvelles dimensions (la rencontre avec mes parents et les courses chez Carrefour, pour ne citer que celles-là).

Il y a cette boîte où elle travaille et qui avait justement besoin, le hasard fait bien les choses, d'un petit coup de main sur le plan informatique, coup de main que j'ai fini par avoir le plaisir de donner, amorçant de fait ma future vie professionnelle parisienne. Et ce fut un bon prétexte pour remonter sur la capitale, ma foi. J'y ai découvert une équipe jeune et fort sympathique, des patrons tout aussi jeunes et fort sympathiques, et pas une seule personne qui semblait noter un décalage entre mon statut de chiri d'une membre de l'équipe et celui de prestataire informatique. Au final tout le monde est content.

Il y a aussi cette semaine où j'ai pu dormir chez elle, ou plutôt chez ses parents, avec l'autorisation de ceux-ci pendant qu'ils étaient en vacances en Bretagne. Et je ne peux pas évoquer cela sans rajouter que si j'ai été autorisé à dormir sous ce toit, ce fut à la condition sine qua non de ne pas le faire dans le même lit que ma chirie, mais dans le canapé.

Eh oui, il est encore des familles (je pourrais dire "des parents", mais ceci exclurait, à tort, le grand frère, plutôt sympathique au demeurant mais qui semble avoir tendance à dire "Amen" à toutes les convictions de ses géniteurs), des familles donc, fort traditionnelles et soutenant des principes qui feraient rigoler (sinon descendre dans les rues) la majorité des jeunes d'aujourd'hui.

Parmi ces principes (principalement dictés par une pratique et une conception de la religion légèrement excessives à mon goût), l'on peut retrouver des choses comme "pas de zizi avant le mariage", voire, si ça ne tenait qu'à eux, "pas de bisou avant les fiançailles", voire, pourquoi pas, "pas de regards de plus d'une seconde avant trois ans de fréquentation" (bon ok je suis peut-être un peu dur sur ce coup). Personnellement je me suis arrêté à "pas de zizi sans sentiments véritables", "pas de projets invraisemblables trop tôt", "pas de bébé sans mariage", "pas de pseudo-aventure à distance" et "pas de pratiques sexuelles impliquant des personnes âgées" (je confesse ici que je ne me suis pas toujours tenu à au moins l'un de ces principes par le passé ; je laisse à mes lecteurs, forts de cette information, le soin d'imaginer tout un tas de choses rigolotes à mon sujet).

Enfin donc sous leur toit, pas question d'autoriser quoi que ce soit allant à l'encontre de leurs convictions (mais pas question non plus d'interdire à leur fille de dormir dans mon lit lorsqu'elle vient sur Bordeaux, ce qui peut paraître paradoxal mais finalement se comprendre à peu près) (oui, cette phrase est grammaticalement correcte, relisez bien).

Et puis, il y a eu le grand discours du père à sa fille, discours dont les intentions sont parfaitement compréhensibles venant d'un père comme celui-ci, mais dont la façon dont il le mena (et qui me fut contée) laisse, à mon goût, un petit peu à désirer. Et puis bon, finalement, la tension a fini par se dissiper, les larmes par sécher, le sourire par revenir, parce que finalement il n'y avait rien de vraiment surprenant, ni non plus de vraiment insurmontable ou changeant de façon radicale et négative la progression de notre relation.

Nous avons enchaîné sur le week-end de Pâques, duquel je reviens à peine (ceux qui ont suivi auront noté que je me trouve à bord d'un TGV), et que j'appréhendais quand même pas mal, dans la mesure où il se déroulait dans sa famille (au sens large), moins d'une semaine après la fameuse tirade paternelle (qui m'avait laissé avec un arrière-goût assez amer de "on ne veut pas de ce jeune homme qui ose pervertir notre fille"). Petite retraite de deux jours dans une immense propriété familiale ("nous n'avons pas les mêmes valeurs"), avec château, ferme, gardien, forêt et quelques petites maisons dans le pack "c'est sympa d'être riche". Au final, tout s'est passé bien mieux que ce que j'appréhendais, j'ai même dormi dans la même chambre que ma chirie (bon, pas dans le même lit, faut quand même pas pousser), et j'ai découvert avec plaisir qu'elle éprouvait un intérêt appréciable pour la photographie en général, et celle à laquelle elle pouvait s'adonner avec mon appaweil de crânorz en particulier. Résultat, 400 photos en 2 jours, dont certaines excellentes (et pas que des miennes !) ;)

Nous avons fini le week-end chez mon grand frère, à grappiller encore un peu d'intimité avant que je ne reparte (ledit frère était, lui, descendu sur Bordeaux pour Pâques). Pour rappel, c'est d'ordinaire chez lui que je dors lorsque je monte sur Paris. Mais ! Car il y a un "mais" : incessamment sous peu (dans moins de deux semaines), je mettrai un terme à ces longues périodes d'abus de son hospitalité et de sa gentillesse, puisque ma chirie emménage dans un petit studio que son cul bordé de nouilles lui a permis de trouver récemment (le truc appartient à son oncle, dont le fils, qui occupe ce logement en temps normal, part pour six mois en stage à Montpellier) (les gens avec un cul pareil des fois ça m'agace).

Il semblerait donc (genre je le mets au conditionnel comme si c'était pas sûr mouahahah) que dans les mois à venir je serai assez peu sur Bordeaux, squattant ce studio sans vergogne dans la mesure où quand même c'est sympa de dormir sous le même toit que ma chirie sans atterrir pour autant dans le canapé !

(suite et fin de la rédaction de ce billet, de retour chez moi, puisque pas eu le temps de terminer dans le krain, et puis ça tombe bien, y'a pas encore le without-fil dans les TGV)

Passons à des choses plus conceptuelles, tiens.

Il y a mon regain d'intérêt pour les considérations religieuses, probablement lié d'une part à l'importance que ces choses ont aux yeux de celle que j'aime, mais aussi d'autre part à la fin de la période "je rejette en bloc tout ce qui vient de mes parents", période dont j'ai bien dû fini par sortir (non sans mal), après maints événements désagréables mais néanmoins nécessaires et autres séances chez mon pauvre psy (qui ne me voit plus beaucoup ces temps-ci). Je ne vais pas trop approfondir le sujet ; je dirai simplement que je n'ai pas la prétention d'être de la Race Suprême régnant sur l'Univers, et que donc, en tant que simple humain/terrien/mortel, j'éprouve le besoin d'exprimer de la gratitude à une entité supérieure, dont le rôle semble parfaitement adapté à ce qu'il paraît communément envisageable de nommer Dieu.

Assister par choix à la messe du Jeudi Saint avec mes parents, dans cette même église où je me sentais traîné de force durant mon adolescence ; laisser l'émotion me submerger, à un point tel que les larmes m'en vinrent, parce que je jetais un rapide coup d'oeil sur ce qu'est en train de devenir ma vie, ce qu'elle avait été, comparé à ce qu'elle promettait à présent de plus beau ; me sentir tellement indigne de recevoir un cadeau si précieux, et tellement reconnaissant en même temps ; jurer de tout faire pour le garder, pour finir par le mériter, en prendre soin ; participer à un rituel, certes symbolique (je ne crois personnellement pas que du pain azyme se transforme poupouf en Corps du Christ, mais le geste n'en demeure pas moins fort) ; me sentir si petit devant quelque chose de si fort et de si grand, que je commence à peine à découvrir dans toute sa splendeur, toute sa majesté ; accueillir ce présent comme le plus unique, le plus doux, le plus complexe, le plus fragile, le plus riche, le plus cher de tout ceux que je recevrai au cours de ma vie.

Et celui-là, pas besoin de le placer pour qu'il fasse des petits ;)

Accessoirement, je me demande parfois comment on peut vivre pleinement l'Amour, l'accepter comme quelque chose qui dépasse l'Homme, sans envisager qu'il provienne d'autre chose que la simple manifestation rendue socialement acceptable de pulsions hormonales destinées à la simple continuité de l'espèce.

Mais bon, chacun son truc :)

Pour clore ce billet, je terminerai par des choses bien plus terre-à-terre.

D'abord, il y a ses yeux. Bleus comme le ciel azuré ;) (je ne pouvais pas ne pas citer la Cité de la Peur), entre diamant et saphir, et qui étaient déjà magnifiques durant l'hiver, mais que le soleil printanier sublime à merveille en leur donnant cette brillance inouïe qui me fait littéralement fondre.

Ces yeux-là disent tout, même les mots qu'elle n'ose prononcer ; j'apprends au fil du temps à y lire l'infinité de choses qu'elle y exprime, volontairement ou non, tous les indices par lesquels elle me laisse la comprendre, l'apprendre en silence.

Devant ces yeux, il y a souvent cette frange qui tombe et qu'elle relève machinalement d'un geste de la main ou d'un discret mouvement de tête, qui pour moi témoignent immanquablement de cette délicieuse personnalité que je redécouvre chaque jour.

Et puis, lorsqu'ils se ferment, ces jolis yeux, lorsque leur propriétaire s'endort, elle m'offre le visage le plus doux, le plus serein qu'il m'ait jamais été donné de voir. Elle que je sais si forte, semble si fragile dans ces moments-là ; j'entrevois l'enfant qu'elle fut, ceux qu'elle me donnera peut-être ; et je finis invariablement par éteindre la lumière avec le peu de forces qu'il me reste en rêvant à ce que nous deviendrons si nous gardons toujours à l'esprit que nous sommes l'un pour l'autre, l'un à l'autre, un cadeau fondamental que nous nous devons de protéger.

Il y a son cou, aussi. Le cou le plus fin du monde, le plus doux aussi ; que je ne me lasse pas de parcourir chaque fois que ses cheveux s'éclipsent pour me le laisser entrevoir. J'attends impatiemment que la température parisienne remonte suffisamment pour qu'elle mette son écharpe au placard ;)

Mais je suis descendu trop vite ; je me dois d'évoquer cette magnifique bouche, ces courbes exquises qu'elle rassemble à elle seule, son toucher parfois tendrement moelleux, parfois légèrement dur ; tantôt sec, tantôt délicieusement humide ; toujours plus chaud que je n'ose l'espérer, toujours moins long que je le voudrais. Il y a aussi le sourire qu'elle abrite, que certains pourraient penser gâché par ce qui est le fruit du travail bâclé d'un orthodontiste peu délicat, mais qui m'émerveille pourtant chaque fois, tellement il me rappelle le bonheur que je partage avec celle qui me le présente, celui que je lui donne comme celui qu'elle m'offre.

Et cette bouche, sur laquelle j'aime à poser la mienne, et que j'aime sentir se poser sur moi, a une façon si merveilleuse de s'entrouvrir lorsque les yeux qui l'accompagnent se ferment doucement...

Bon, je passerai les détails sur les zones plus intimes, c'est un blog, pas un strip-tease :P

Et puis je ne dirai pas tout non plus sur le reste, ce n'est pas une encyclopédie de ma chirie non plus.

A retenir tout de même, il y a ces hanches, que je ne me lasse pas d'admirer depuis que j'ai pris conscience de leur beauté et de leur contribution non négligeable à la féminité du corps qui me les présente. Et ces petits pieds que j'aime à choyer, masser, baiser (si si, rappelez-vous, à la base ce verbe n'est pas vulgaire), même laver (une façon comme tant d'autres d'allier l'utile à l'agréable, puisque sous prétexte de me montrer très serviable je peux la tripoter à ma guise ; dans le genre il y a tout un tas d'autres massages pour lesquels il semblerait que je sois assez doué, pour son plus grand bonheur... comme le mien).

Pour le reste, et abstraction faite de toute considération sexuelle, je n'ai jamais été autant ému par la beauté d'un corps nu.

Dire que j'ai attendu 24 ans.